En Afrique, les jeunes tapeurs de la nouvelle génération font bouger les lignes. Ils inventent de nouvelles combinaisons rythmiques, modifient les dununs originaux et introduisent des instruments électroniques dans les jeux traditionnels. Leurs jembés, de plus en plus tendus, leur donnent un son puissant et haut perché. Certains de ces tapeurs vont jusqu'à renier leur culture et se tournent résolument vers l'Occident, au risque de s'y brûler les ailes. D'autres, tout en modernisant leur jeu, savent qu'en Afrique, aucun tapeur ne peut prétendre un jour au titre de maître du jembé s'il ne connaît pas sur le bout des doigts la tradition. Mamoutou Kone est l'un d'entre eux. Grandi au Mali, où il a commencé à jouer du jembé et danser, il vit aujourd'hui à Bouaké, en Côte d'Ivoire, où il dirige une équipe de douze musiciens et un ballet traditionnel, le ballet Koba. Mamoutou est un tapeur de rue, comme on les nomme en Afrique. Il joue dans les fêtes traditionnelles où l'on ne fait qu'une chose, danser. Le soliste qui joue dans ces fêtes doit posséder un jeu puissant et précis et son travail exige qu'il sache démarrer le bon rythme sur n'importe quelle chanson ou n'importe quelle danse. Il doit par conséquent posséder une très grande connaissance des chants et des danses des différentes ethnies, à la fois de son pays et des autres pays d'Afrique. Ici, le jeu de jembé décoratif ou les breaks superflus ne sont pas de mise. Mamoutou dirige aussi un ballet, le ballet Koba, du même nom que son groupe. Enfin, Saran, une griotte de Bouaké, complète l'équipe. C'est Saran qui chante sur Konmonfoli. Régulièrement, Mamoutou est engagé dans les studios d'enregistrement d'Abidjan et il est venu en France fin 2007, en contrat d'artiste avec le Forum Culturel de Blanc Mesnil (93)